Livrer vite et livrer souvent, c’est important.
Mais ça ne sert à rien si on ne comprend pas ce qu’on construit.
On peut faire beaucoup de choses à partir d’hypothèses. Mais si le besoin est mal compris, on risque vite de partir dans la mauvaise direction et de livrer des fonctionnalités qui ne servent à rien… si ce n’est faire perdre du temps.
Quand on construit la mauvaise chose
Sur certains projets, les équipes passent beaucoup de temps à développer des fonctionnalités bien conçues. Le problème, c’est que la question la plus importante n’a pas toujours été posée :
Est-ce qu’on résout le bon problème ?
Sans compréhension claire du métier, on avance à l’aveugle. On interprète les besoins, on suppose des cas d’usage, on prend des décisions techniques sans vraiment mesurer leur impact.
Et parfois, on construit quelque chose de cohérent… mais inutile.
Le coût de l’incompréhension
Quand une fonctionnalité ne répond pas au bon besoin, le problème ne s’arrête pas à sa livraison.
Elle reste dans le système. Elle doit être maintenue, testée, prise en compte dans les évolutions futures. Elle ajoute de la complexité.
Et comme toute complexité, elle ralentit le delivery.
Ce type de problème est souvent invisible au début. Mais avec le temps, il pèse de plus en plus sur l’équipe.
Revenir au problème avant la solution
Avec l’expérience, j’ai appris à ralentir avant d’écrire du code.
Prendre le temps de comprendre le métier.
Clarifier les objectifs.
Identifier les zones d’incertitude.
Ce temps est souvent perçu comme un ralentissement. En réalité, c’est ce qui permet d’éviter de construire quelque chose d’inutile.
Aligner les équipes sur le métier
Pour mieux comprendre le besoin, j’utilise régulièrement des ateliers comme l’Event Storming.
C’est un format qui permet de réunir les profils techniques et non techniques autour d’un même objectif : comprendre comment fonctionne le métier.
Grâce à ces ateliers, on peut modéliser des workflows métier complexes. Ils permettent aux développeurs de poser directement leurs questions aux personnes qui connaissent le métier.
Qu’ils soient techniques ou non, chacun peut partager du feedback. Petit à petit, les différentes parties se comprennent mieux et avancent dans la même direction.
Et surtout, cela permet de construire une compréhension partagée.
Clarifier avant de développer
Une fois la vision globale clarifiée, on peut aller plus loin avec un autre atelier : l’Example Mapping. Il permet de partager et affiner la compréhension métier, cette fois à l’échelle d’une user story.
Cet atelier aide à détailler une fonctionnalité à travers :
- des exemples concrets
- des règles métier
- des cas limites
Il aide à aligner les attentes entre produit et technique, et surtout à réduire les ambiguïtés.
Des développeurs acteurs, pas exécutants
Quand les développeurs comprennent réellement le métier, leur rôle change.
Ils ne sont plus là uniquement pour implémenter des spécifications. Ils peuvent proposer des solutions, challenger certaines idées, anticiper des problèmes.
Et souvent, ils contribuent à construire des solutions plus simples et plus pertinentes.
Comprendre pour mieux livrer
Comprendre le métier ne ralentit pas le delivery.
C’est ce qui permet de l’accélérer durablement.
Parce qu’on évite de construire des fonctionnalités inutiles, qu’on réduit les allers-retours et qu’on prend de meilleures décisions dès le départ.
En conclusion
Écrire du code est une partie du travail.
Mais ce n’est pas la plus difficile.
Le vrai enjeu, c’est de comprendre ce qu’on construit et pourquoi.
C’est souvent là que se joue la différence entre une équipe qui produit du code…et une équipe capable de livrer de la valeur régulièrement.



